Friday, April 14, 2006

Intuition et raisonnement

INTUITION ET RAISONNEMENT

Alors que tout ce qui a été dit traduit les exigences de la vie pour toutes les espèces, la particularité de l’homme sera le raisonnement.
Nous avons deux façons d’appréhender le monde qui nous entoure, pour percevoir le même objet ou la même situation : par intuition et par raisonnement.




- L’intuition

Elle appréhende une situation globalement. Elle est immédiate, réflexe, spontanée, émotive. C’est la première à être disponible dans la vie. Au-delà de la situation présente, l’intuition fait aussi appel au magique, à la superstition et à l’ésotérisme.
Elle est basée sur ce que l’on ressent, ce qui exalte nos sentiments depuis l’extraordinaire jusqu’au mystérieux. La croyance qui en découle retentit sur la santé. Elle peut avoir des conséquences bénéfiques jusqu’à créer des miracles comme à Lourdes, mais aussi nous faire vivre un monde imaginaire qui nous fait perdre le sens des réalités et le langage avec les autres, si elle n’est pas contrôlée par la raison.

- Le raisonnement

Il fait appel à l’observation et à la mesure. La première opération consiste à nommer ce que l’on voit d’une manière précise et fixe.
Si nous sommes prisonniers, pieds et poings liés, il nous reste une liberté : celle de nos yeux pour observer, nommer ce que nous voyons et réfléchir à notre évasion. Inversement, si notre regard est captivé, nous sommes immobiles.


Les étapes du raisonnement : d'abord observer, nommer, chercher différentes combinaisons en se servant de ce que l'on sait faire ou l'on peut faire.

Prenons l’exemple d’un étalage de fruits et légumes, observons puis mettons des mots pour désigner les végétaux. Il doit y avoir une correspondance stable entre l’image et le mot.
On pourra ensuite classer ces mots selon différents critères : les prix, la provenance, la couleur… et attribuer des chiffres. Il vaut mieux déplacer les mots que les cagettes.
Différentes opérations sont alors possibles : l’addition, les statistiques, la moyenne, tracer des courbes…
Selon certains objectifs, on combinera les données pour une meilleure esthétique ou un profit plus avantageux.
Ces données sont transportables vers des personnes compétentes qui nous feront profiter de leurs idées.
Le raisonnement permet de décomposer ce que l’on voit et d’essayer de combiner les différents éléments vers une solution intéressante en éliminant ce qui ne l’est pas. Le raisonnement est réversible, il manipule des idées ou des projets. Il ne prendra effet que dans la réalisation. Libre à chacun d’employer le raisonnement à des fins plus ou moins louables.



La poule ne peut contourner un grillage qui fait obstacle à sa nourriture parce qu’elle n’a que son intuition pour résoudre cette situation et que son œil droit donne les mêmes informations que son œil gauche. Si elle pouvait évaluer les dimensions de son obstacle, elle trouverait la solution.



Si on montre à un chien la ficelle qui s’attache à un morceau de viande, de manière la plus explicite possible, il ne saura pas tirer sur la ficelle pour obtenir la viande. Il n’arrive pas à faire un lien avec les moyens atteindre un but.

Le nouveau-né est d’abord intuitif, lorsqu’il se dresse, marche à quatre pattes, porte des objets à la bouche, l’œil entre en fonction. Lorsque le langage s’installe et qu’il apprend à nommer, il pose des questions et peu à peu le raisonnement prend forme. Si l’enfant ou l’adulte porte peu d’intérêt sur le monde extérieur et au père, il privilégiera son intuition. Le raisonnement sera subordonné à ce qu’il ressent au lieu d’être indépendant.
Dans les anciens temps, tout événement imprévisible comme la tempête, une vague de chaleur, une inondation, une éclipse… était attribué au comportement fantaisiste des dieux. Il a fallu attendre l’époque grecque pour libérer la pensée fataliste. Ce fut l’œuvre de Thalès, Démocrite, Euclide, Archimède… Même de nos jours, la pensée magique, l’ésotérisme et les sciences occultes tiennent une bonne place par rapport à la pensée scientifique.



On connaît la dominance d’un hémisphère cérébral sur un autre, cette différenciation ne se trouve pas uniquement au niveau moteur pour être droitier ou gaucher.
Au niveau des zones occipitales qui sont des zones visuelles, l’hémisphère dominant voit des paysages et des formes géométriques, l’autre hémisphère voit les visages et les animaux.

Ceci est une donnée neurologique et non psychologique.
La différence de nos hémisphères fait que nous avons deux perception du monde l’intuition et le raisonnement alors que la poule et les animaux ont des hémisphères symétriques.



Dans le raisonnement, les données sont être toujours conservées, on essaie plusieurs combinaisons réversibles pour ne retenir que celle qui seront les plus efficaces.



Le raisonnement ne présume pas de sa finalité, il peut aider le chercheur pour faire des grandes découvertes, aider le cascadeur ou être utilisé à des fins maléfiques. Une erreur de raisonnement peut conduire à l’échec et être très grave selon l’enjeu et l’investissement.

Devant une difficulté que l’on ne peut pas résoudre par son intuition, il faut observer avec précision les points de litige, analyser, décomposer tous les facteurs qui entre en jeu, aller chercher les informations complémentaires, combiner plusieurs scénarios pour ne choisir que ceux qui sont réalisables et ne s’engager que si les chances de réussite sont favorables.Inutile de râler ou de faire du bruit,l’essentiel est d’être efficace.

Lorsque la solution n'est pas apportée spontanéement, on est amené à réflechir et à raisonner. On peut élaborer parfois des solutions compliquées avec un résultat à long terme.

Il ne faudrait pas voir une opposition entre l’intuition et le raisonnement qui sont deux moyens indépendants de percevoir une même réalité. L’intuition est réflexe et rapide, mais si elle n’arrive pas à résoudre une difficulté, il faut apprendre à observer, à analyser, à décomposer, à réfléchir et à raisonner. Tout ce qui est acquis lentement par apprentissage peut être mobilisé immédiatement pas intuition.
Ainsi un professionnel, qui analyse une coupe au microscope, peut d’emblée donner son avis de manière intuitive, alors qu’il a appris son métier peu à peu. L’intuition mobilise des acquis qui ont mis du temps à se construire.



L’intuition relève de l’émotion ; de ce que l’on ressent, de ce qui l’in se dit (Bouche-oreille) alors que la raisonnement relève de l’observation et de la vérification (Œil-main) (voir le blog précédent).


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